La photo du jour

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Un été dans l'Ouest PDF Imprimer
Jeudi, 24 Décembre 2009 17:35

Il fut un temps maintenant révolu où la HTA Black (Half team America, voiture noire) et la HTA Gold ont été séparées pendant près de 3 semaines, une éternité …

A la descente de l’avion en provenance d’Anchorage, il n’est pas tout à fait 6h du mat’, on récupère les bagages, on perd Ramy quelques minutes et on le retrouve, petit moment de panique ! Dans le parking de l’aéroport de Seattle tout est mis en vrac sur le sol afin de faire le tri des affaires de chacun car les 2 voitures vont prendre des chemins différents pour se retrouver plus tard à Las Vegas. On se dit « Tchao, bye-bye, à Vegas » avec un petit pincement au cœur. C’est l’histoire de la HTA Gold que je vais vous raconter.

Nous voilà donc partis un peu fatigués par le vol de nuit, mais avec des belles images de l’Alaska dans nos têtes embrumées. On a décidé de faire la route au plus court en longeant la côte ouest des USA pour rallier Los Angeles, car nous connaissons bien la Californie et les grands parcs alentours et nous ne voulons pas forcément y retourner cette fois-ci. Sur notre guide de voyage préféré il y a pourtant des tas de choses intéressantes à voir ou à faire dans les états de Washington et de l’Oregon à l’intérieur des terres, mais ça fait beaucoup de route et on renonce; la seule digression sera le détour par Crater Lake (lire l’article « Crater Lake National Park ») et ce fut un très bon choix.

Ainsi, de l’Oregon jusqu’en Californie on est passé de stations balnéaires en petits villages côtiers le plus souvent sous la brume et la fraicheur, cantonnée bizarrement sur le littoral, avec des paysages de falaises, de dunes (où la HTA Black est venue faire du quad), de lagunes, de rochers ou de longues plages de sable blanc. Quelquefois des colonies d’otaries ou de lions de mer attirent le regard amusé des vacanciers. Il faut dire qu’on est au mois d’août et que les Américains sont en vacances pour profiter de la mer. Le week-end c’est presque impossible de trouver une chambre libre de motel et c’est hors de prix. Un samedi soir on dormira dans une pièce miteuse au fond d’un garage pour presque 100$ (c’était ça ou passer la nuit dans la voiture !). Et dire que dans la même ville un petit supermarché proposait des vins Français de prestige à des prix imbattables (et presque incompréhensibles qu’on n)e voit plus chez nous, mais comme on n’a pas forcément envie de consommer sur place nous n’achèterons pas (pourtant il y avait au moins 6 millésimes de Lafite, autant de Mouton ou de Margaux et des 2ième crus à gogo). La mer dans cette région des USA est belle mais elle est froide et nous ne nous baignerons pas. En rentrant en Californie, la route est étroite et sinueuse, ça monte, ça descend, on est tantôt en dessous, tantôt au dessus de la brume et la différence de température y est alors sensible. On traverse des forêts de séquoias, on passe avec la voiture dans un mini tunnel à l’intérieur d’un de ces arbres immenses de plus de 2 400 ans, creusé pour proposer aux touristes incrédules une attraction unique (le Chandelier Tree). On traverse rapidement Bodega Bay chère à Hitchcock dans « Les oiseaux » et nous arrivons enfin à San Francisco avec un froid de canard (C’est habituel au mois d’août dans cette ville et les canards n’y sont pour rien). Heureusement le lendemain on déjeunera de crevettes et de Calamars au Fisherman Warf sous le soleil, avant d’affronter les rues vertigineuses de Frisco à bord du fameux « Cable car » pour finir chez Abercrombie et des emplettes bien méritées (ça dépend pour qui !).

Ensuite c’est déjà L.A où nous avons hâte de retrouver Lucie et Arnaud venus nous rejoindre pour 2 semaines de vadrouille dans le grand sud-ouest. Et ça démarre très fort après les embrassades émues de l’aéroport (nous n’avons pas vu les 2 oiseaux depuis plus de 3 mois et demi), direction San Diego et une première surprise, car Lucie a réservé l’hôtel Marriott face à la mer et nous allons pouvoir profiter de la piscine immense. En fait Lucie a tout prévu et nous a concocté un parcours et des étapes originales en Californie, en Arizona et au Nouveau Mexique, sous des températures terribles avec un mercure quelquefois à plus de 45° C.

A San Diego, belle ville un peu atypique du reste des USA, on se balade à vélo (logique, ça rime !) et on dîne dans le quartier ancien, reconstitué façon Walt Disney. Après San Diego nous longeons la frontière avec le Mexique pour rejoindre Tucson. D’un côté le désert, de pierres, de rocs, de sable et de monts pelés; de l’autre la longue barrière (de la honte ?) pour stopper l’immigration clandestine des Mexicains. Sur la route on est arrêté plusieurs fois par la police pour des contrôles justement d’immigration au cas où des Mexicains sans visa auraient eu la mauvaise idée de sauter par-dessus la barrière ou de creuser un trou en dessous. Nos passeports Français nous donnent systématiquement le champs libre. A Tucson nous visitons le Saguaro National Park et ses cactus immenses (si tu erres plus d’une heure entre les piquants menaçants, tu meures … de chaud !), puis les anciens studios de cinéma où nous apercevrons entre autres le célèbre Road Runner en chair et en plumes, alias Bip Bip (pas vraiment pote avec le coyote). Encore à Tucson se trouve également une base militaire immense où sont alignés en rang d’oignon des milliers d’avions de guerre réformés et qui sont quelquefois visibles de la route. La région est propice car très sèche et les appareils ne s’abiment pas (pour une remise en service rapide en cas de besoin : retour de la guerre froide, nouvelle invasion de l’Irak ou attaque extra-terrestre d’envergure).

Encore plus vers l’est, nous nous arrêtons à Bisbee et sa mine de cuivre à ciel ouvert avec des tons d’ocre et de vert de gris; mine qui va certainement rouvrir si le cours des métaux continue de flamber. Nous visitons en costume de mineur, lampe sur le front et assis sur des wagonnets les galeries souterraines de la mine avec la fraicheur des profondeurs qui fait du bien. Sous un soleil de plomb nous sommes maintenant à Tombstone, célèbre ville de l’ouest où les frères Earp (le plus connu étant Wyatt) y ont fait régner la terreur jusqu’à la bagarre de Ok Corral. Ici tout est encore comme au temps du Far West, les rues en terre et poussiéreuses, les trottoirs en bois comme les maisons d’ailleurs, les saloons, la banque, la diligence. Partout des Marshalls, des cow-boys ou des Outlaws se bagarrent à coups de révolver, pour de faux. Sur le Rio Grande à Truth or Consequences nous profitons des sources chaudes et nous louons des canoës pour descendre le fleuve. La ville qui s’appelait en 1950 Hot Springs a gagné son nouveau nom (et aussi quelques milliers de dollars) grâce à un jeu radiophonique. Arnaud et moi tentons, avec le succès habituel, d’attraper les grosses carpes que nous voyons au bord de l’eau et qui nous narguent avec leur bouche en cul de poule. Décidément la poisse me colle à la peau et les carpes en rigolent encore entre copines !

Plus loin et plus tard se sera Santa Fe et Los Alamos, la ville où Oppenheimer a conçu la bombe. Il faut dire que les déserts du Nouveau Mexique sont propices à des essais nucléaires discrets. Sur la route vers Las Vegas on traverse « Petrified Forest National Park » et ses paysages arides et colorés, ses vestiges archéologiques et ses arbres préhistoriques transformés en pierre. C’est un parc de toute beauté, une vraie merveille ! Avant d’enjamber le fleuve Colorado par le gigantesque barrage Hoover toujours en chantier nous dormons une nuit dans une vieille locomotive désaffectée.

Enfin à Vegas, ce sont les retrouvailles avec la HTA Black, l’émotion est palpable, ça fait plaisir à voir et à ressentir. Pour les néophytes Las Vegas est magique et attirante. Pour nous autres initiés, la ville n’aura pas la même saveur et nous avons envie de voir des choses nouvelles. Coralynn et Arturo, couple d’une gentillesse extraordinaire, viennent nous rejoindre pour former une bonne compagnie de quelques 10 personnes. C’est la HTA Black qui a fait leur connaissance un peu plus tôt à San Francisco. Avec eux nous filons vers L.A et nous quittons Lucie et Arnaud qui s’envolent pour la France; pour eux les vacances sont finies.

Et puis c’est la tuile (en fait, c’est surtout le cas pour les Mexicains !) : on apprend que l’ouragan Jimena fonce tout droit vers la Basse Californie qui devait être notre première étape (tant attendue) au Mexique. On temporise quelques jours à Los Angeles puis près de San Diego en espérant que la situation météorologique s’améliore, mais en vain : nous ne passerons donc pas de ce côté de la mer de Cortez. C’est une cruelle désillusion qu’on tente d’oublier en profitant de la plage et du surf. Du surf ? Et oui, Luc, Ramy et Willy ont tellement apprécié leur baptême à Tofino sur l’ile de Vancouver qu’ils ont acheté chacun leur « board ». Les progrès sont rapides et le pacifique promet encore d’autres belles vagues.

Un beau matin de septembre nous disons « au revoir » à Coralynn et Arturo pour nous diriger vers la frontière Mexicaine à Nogales.